Des chênes
Publié le 19 Mars 2015
Une bonne nouvelle fut une notification d'une valorisation d'une forêt de chênes. La cérémonie de labellisation se déroulait à Lavalduc, sur le territoire de Ouest-Provence. Il nous fut expliqué que tous les chênes sur cet espace étaient "remarquables", tant par leur essence que par leur taille, leur âge. Excellent. Il serait bon que l'on se tournât enfin vers des plantations non pyrophytes, les pins et les cistes favorisant trop les incendies.
Il s'agissait là de chênes verts, dont les feuilles ressemblent à celles du kermès, certes, mais qui s'en différencient et par la taille, et par la cupule de ses glands. Le kermès est ce fameux buisson qu'on trouve dans la garrigue provençale et qui égratigne.
Cette mise en avant de la chênaie de Lavalduc est satisfaisante pour une prise de conscience en faveur des chênes, richesse de notre terroir, qui pourraient supplanter nos pinèdes , belles, oui, mais aux effets pervers côté écologie.
Dans une perspective didactique, on pourrait doublement élargir cette expérience:
en suppléant des feuillus à nos espaces de résineux;
et en sensibilisant les populations aux avantages de ces essences moins répandues.
Certes les écoles sont le lieu idéal pour ces expériences. La pinède du CEC bien davantage encore. Il faudrait mettre en place la protection des jeunes plants grâce à l'information des collégiens. Ils sont déjà dans cette culture, avec, deux terrains jouxtant leur établissement; l'un clôturé, au nord, et l'autre tout ouvert, au sud, que personne ne songe à piétiner. L'expérience est à prolonger.
S'armer de courage pour voir fleurir de nouvelles chênaies: leur croissance est extrêmement lente. Ce n'est sûrement pas notre génération qui en profitera; ni même les élus qui les auront créées. Mais elles seraient un témoignage de générosité et de détachement.Un rêve?
Jean Giono nous a tracé la route: "L'Homme qui plantait des Arbres"
Et il en existe aussi l'équivalent, au titre savoureux: "The man who planted Hope and grew Happiness".
NB: "Lou Tresor du Felibrige" nous informe:
que garri (jarri en Limousin, garric en gascon et languedocien), et garrus, agarrus (agarras, jaru en dauphinois, acaros en latin) sont le houx, le grand houx, le chêne à kermès, les broussailles. Ce qui a donné le mot garrigue;
que roure, ròure, ròule, réure (raure en alpin et Velay, rouire en languedocien, rouve en languedocien et maritime, roube en languedocien et gavot, rouvei en auvergnat et limousin, roure, royre en roman ou vieux provençal, roure en catalan, robre, roble en espagnol, roble en portugais, rovere en italien, robur en latin ) se disent pour le chêne rouvre, l'espèce de chêne dont le bois est rouge en dedans;
que blacas (...) est le chêne blanc;
que éuse est l'yeuse, ou chêne-vert.

